Eglise Saint Pierrede Jul

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    Eglise de St-Pierre-de-Juliac
    I – Présentation générale (porche)
    Insertion carte postale entrée porche et cloître du livret
    L’église Saint-Pierre de Juliac et ses bâtiments claustraux sont construits entre 1050 et 1125 sur
    ordre du vicomte de Gabarret. L’ensemble est alors confié à l’ordre bénédictin de l’Abbaye de la
    Sauve Majeure en Gironde.
    Cette construction s’inscrit dans un contexte de renouveau religieux. Cette réforme s’amorce dans
    les années 870 par la fondation de nouveaux modèles monastiques. Le but est de contrer l’extorsion
    de dons, la vente de sacrements ou de charges (curé, évêque, etc.) voire les nominations directes par
    de puissants laïcs, jusqu’à la désignation par les papes de leur propre progéniture comme héritier.
    Cette revisite du fonctionnement religieux aboutit en 1073 à l’élection du pape Grégoire VII qui
    entérinera ces modifications par la « réforme grégorienne »
    En septembre 1227, Saint-Pierre de Juliac, ses annexes de Créon et Saint-Julien ainsi que les
    « casals», enclos cultivés de quelques ares comprenant l’habitation du paysan qui procurent
    ressources et revenus au monastère, passent des mains des bénédictins à celles des
    prémontrés et dépend désormais de l’abbaye de Saint-Jean de la Castelle à Duhort-Bachen
    (40).
    En 1355, contrairement aux édifices des communes voisines, l’église est épargnée par le
    Prince noir lors de son incursion. En prévention de troubles, le bâtiment avait été doté d’une
    tour porche, probablement une cinquantaine d’années auparavant.
    Le territoire se trouve compris dans le « croissant protestant », en témoigne le prêche de
    Calvin à Nérac en 1542. Une importante minorité religieuse se fait durablement jour dans
    toute la région.
    En 1569, des troupes protestantes pillent les bâtiments religieux, dont l’église de Saint-Pierre
    de Juliac.
    Selon le Verbal de Charles IX en 1572, lequel inventorie les dégâts des églises du diocèse
    d’Aire, l’église est « ruinée », comprendre que le bâti est largement abîmé ; quant aux biens,
    ils sont dits « pillés et emportés par des gens qui se disaient les uns huguenots et les autres
    catholiques, qu ne faisaient que piller qui plus pouvoit ».
    L’église reste à l’abandon pendant 3 ans avant d’être remise en état et à nouveau occupée par
    les prémontrés.
    Entre 1684 et 1699, la vicomtesse de Juliac finance d’importantes restaurations sur les
    bâtiments religieux, ce dont profite l’église Saint-Pierre et son cloître. C’est à cette période là
    qu’est construite l’entrée principale dans laquelle vous vous trouvez.
    Lors de la Révolution française, l’église et le cloître sont scindés en deux lots, chacun acquis
    par un propriétaire privé.
    L’église sera rapidement rachetée par la commune de Lagrange.
    Le 28 décembre 1837, le roi Louis-Philippe ordonne la création d’une école primaire
    publique, elle se situera dans l’appentis accolé à l’église, la mairie est placée à l’étage, au-
    dessus de l’entrée.
    Dans les années 1920, l’école et la mairie sont transférées en bordure de route en direction de
    Créon d’Armagnac.
    En 1922, le propriétaire du cloître décide de le démanteler. Bien que le conseil municipal se
    prononce, à l’unanimité contre ce projet, il n’y pourra rien changer, le bâtiment restant
    propriété privée. Les éléments sont alors revendus et la majorité servira à la construction des
    routes alentours.
    A compter de 1959, diverses campagnes de restauration seront menées sur toutes les parties de
    l’église,
    II – Description architecturale (porche)
    Construit dans les années 1300, ce clocher-porche comporte trois niveaux. Les deux étages, dont la
    superficie est identique au rez-de-chaussée, sont desservis par l’escalier en colimaçon placé côté
    sud, aujourd’hui impraticable.
    Au 1er, se trouve une pièce dont le niveau de plancher a été remanié a plusieurs reprises et descendu,
    notamment pour faciliter l’accès aux étages par la nef. Ce qui a entraîné la démolition de la croisée
    d’ogives ici présente.
    Au 2me étage, la salle aux 8 meurtrières permettait la défense du bâtiment et est aujourd’hui coiffée
    du clocher proprement dit.
    Celui-ci, repris au durant le XIXe siècle, abrite une cloche réalisée par un fondeur de Lleida
    (Espagne) en 189
    Signes lapidaires
    Les différents murs offrent de nombreux signes lapidaires, à l’intérieur comme à l’extérieur. Ce
    terme englobe tant les marques de tâcherons apposées par les ateliers ou ouvriers ayant taillé les
    blocs que les indications informant sur l’emplacement futur du bloc. Ces marques ne sont pas
    visibles sur chaque pierre en raison de leur positionnement sur des faces cachées. Leur étude permet
    de suivre les déplacements des ateliers, ce qui a révélé, dans le cas présent, un cheminement des
    artisans parallèle à la route de Saint-Jacques-de-Compostelle depuis le sud-ouest de la France
    jusqu’en Espagne.
    Cette connaissance n’est rendue possible qu’en raison de l’absence d’enduits. Ceux-ci, très
    endommagés, ont été ôtés durant la deuxième moitié du XXe siècle. Force est de constater
    l’évolution de ces signes parallèlement à l’avancée de la construction de l’église. Si les premières
    occurrences, dans le choeur, sont majoritairement des symboles issus de l’alphabet, elles se
    diversifient dans les siècles suivants, pour devenir des formes géométriques ou s’apparenter aux
    chiffres romains.
    La voûte d’ogives et l’arc en plein cintre
    La voûte d’ogives apparaît en Europe dès le XIe siècle, tant en Lombardie qu’en Angleterre, mais ne
    prend sa forme la plus répandue avec nervures apparentes qu’un siècle plus tard, pour devenir
    l’apanage de l’art dit gothique.
    La complexité de la mise en œuvre et la maîtrise technique requise pour ce type de maçonnerie font
    de la voûte d’ogives l’un des éléments architecturaux les plus onéreux à réaliser. Ce qui montre bien
    la volonté du commanditaire à montrer l’étendue de ses ressources financières.
    Cette voûte repose sur des chapiteaux ébauchant des visages non identifiables, féminin et masculin.
    Il est plausible qu’il s’agisse là de la représentation des commanditaires des travaux.
    Un arc en plein cintre, typiquement roman par sa forme et son décor de billettes qui émaillent la
    totalité du bâtiment, ouvre sur la nef. Cet arc repose sur deux chapiteaux très abîmés.
    Se distinguent toutefois des représentations animalières :
    à droite, les longues pattes s’accrochant à l’ourlet permettent de voir des oiseaux ;
    à gauche, les flancs et les gueules les moins érodés montrent clairement des lions, animal
    omniprésent dans l’art roman.
    III- Description architecturale et artistique (nef)
    La nef
    La nef, espace central dans lequel se retrouvent aujourd’hui les fidèles, est un modeste vaisseau
    unique qui, bien qu’abîmé, porte encore toutes les traces permettant de déduire sa structure
    originelle, du sol vers l’élévation.
    Les portes présentent à l’intérieur de l’édifice sont anormalement basses en raison d’une rehausse
    du sol de 60 à 80 cm. Le manque de planéité des carreaux attestent d’un soubassement meuble, ce
    qui est corroboré par un événement du XXe s. Lors d’un office religieux, le sol s’est affaissé sous les
    pieds d’un banc, permettant d’observer le remblai. Un médecin présent dans l’assemblée témoigna
    d’une composition très particulière, puisque le sol comprendrait une quantité importante
    d’ossements humains. Il s’agit vraisemblablement des restes issus de l’ancien cimetière de
    Lagrange. Abandonnée au cours du XIXe, la parcelle aurait dû connaître une période de gel de
    100 ans, ce qui n’est pas le cas. Ce faisant, malgré l’absence d’archives, la déduction nous amène à
    penser que les restes des dépouilles ont été apportés, pour assurer leur protection, au sein même de
    l’église, en son sol.
    La charpente, dans son état ancien, nous est inconnue. Remanié à plusieurs époques, le tout a été
    repris lors d’une campagne de restauration du XXe siècle par un lambris appliqué directement sur la
    pente de la toiture. D’après les sources, il a remplacé un plafond suspendu peint, lequel cachait la
    charpente, sans que nous n’en connaissions le décor.
    De part et d’autres de l’arc ouvrant sur le chœur, il apparaît à l’œil nu que les murs nord et sud ne
    sont pas à la même distance de l’arc ouvrant sur le chœur. Certaines sources indiquent qu’à
    l’occasion d’une campagne de restauration conduite entre 1685 et 1699 par la Vicomtesse de Juliac,
    la cloison septentrionale aurait été repoussée de près de 80 cm. Ce qui aurait permis dans le même
    temps d’ouvrir les ouvertures actuellement visibles.
    Les éléments de décor
    Il est établi, de mémoire commune, que les murs de cette nef étaient enduits voire peints.
    Un élément particulier est encastré dans le mur sud, près du chœur, une sorte de réceptacle dans
    lequel pouvait être placé un bac et surmonté d’un décor en demi-cercle orné de deux sculptures
    coquillées. Les croix gravées de part et d’autre, ainsi que sur la partie supérieure, sont récentes. Il
    s’agit très probablement d’un lavatorium, ou lavabo, permettant aux religieux de procéder aux
    ablutions avant de participer aux offices. Habituellement placé contre ce mur, mais côté extérieur
    dans la galerie de cloître, son déplacement est dû à la scission de l’ensemble des bâtiments lors de la
    Révolution.
    Enfin, un arc en plein cintre ouvre sur le chœur. Il fait directement écho à celui de l’entrée, ici
    encore apparaît ce décor roman géométrique soutenu par deux chapiteaux évoqués sur le prochain
    panneau.
    III – Description architecturale et artistique (chœur)
    Les chapiteaux supportant l’arc
    L’arc en plein cintre marque la division de l’espace entre nef et chœur. Il est supporté par deux
    colonnes engagées, sur chacune est positionné un chapiteau dont la réalisation serait antérieure à
    1130.
    Le premier, simple, reprend le style antique corinthien : un décor de feuilles d’acanthe sur deux
    rangées. La représentation de l’acanthe, plus ou moins réaliste, est la plus répandue, toutes époques
    confondues, grâce à sa diffusion par l’Empire romain.
    Au-dessus, à chaque angle, sont sculptées deux têtes des lions, de leur gueule s’échappent les
    rinceaux qui courent sur toute la longueur. Quelques fruits, des raisins, sont intégrés dans ce décor.
    Le second représente une scène de dévoration en deux parties, surmontée de la même frise. Au
    centre, un personnage masculin, un noble d’après ses vêtements composés d’une tunique bleue et
    d’un ceinturon, dirige notre regard vers deux sacrifiés, un homme et un bélier, dévorés par une
    créature s’apparentant au loup.
    Ce dernier est connu au Moyen Âge pour sa gloutonnerie, sa férocité et est souvent utilisé pour
    représenter la ruse et la cruauté.
    La scène se poursuit sur chaque extrémité latérale :
    côté nef, un personnage masculin menace à l’aide d’un bâton qu’il est sur le point d’abattre sur le
    monstre ou l’homme ;
    côté chœur, un âne se dresse sur ses pattes arrières en direction de la scène de dévoration.
    D’autre part, le bélier, à titre d’ovin, symbolise le fidèle chrétien.
    Cette illustration offre, sur un même thème, une mise en garde à deux temps
    côté nef, à l’encontre de tout homme chrétien, simple fidèle, sur les affres réservées aux pécheurs,
    s’il ne se laisse pas guider dans le droit chemin.
    côté chœur, la réprimande s’adresse au guide qui est seul responsable du salut des âmes de ses
    fidèles. Si nous connaissons tous le fameux bonnet d’âne réservé au mauvais élève, cette
    symbolique était autrefois réservée à l’enseignant incapable d’éduquer un disciple.
    Le décor architecturé
    L’organisation du chœur est simple. Un rectangle au centre duquel se trouve l’autel. Les murs nord
    et sud sont ornés d’arcades. Il est très probable que ces cadres architecturaux aient servis d’écrins à
    des représentations picturales aujourd’hui disparues.
    Une voûte en berceau surplombe le tout, simplement décorée.
    Les chapiteaux du chœur
    De part et d’autre du vitrail, se trouvent deux colonnettes adossées dont la finesse et le soin apportés
    à l’exécution des décors sont remarquables malgré leur état de conservation. Elles contrastent
    d’autant plus avec la simplicité des supports de l’entrée du chœur.
    Les bases des colonnes tout autant que l’ourlet au bas du chapiteau présentent des décors de billettes
    et cordelettes. Les frises surplombant la représentation principale offrent chacune rinceaux
    paraissant se détacher du fond grâce à la technique particulière du trépan.
    Les thèmes abordés à travers ces décors comptent parmi les plus classiques de la sculpture
    chrétienne.
    Les lions sont présents sur deux des chapiteaux. Au Moyen Âge, ils sont symboles de force et de
    résurrection. D’après une croyance commune, les petits demeuraient sans vie pendant leurs trois
    premiers jours jusqu’à ce que leur père leur souffle sur le museau.
    Le raisin n’est autre que le symbole de l’eucharistie, sacrement par lequel les fidèles communient
    avec le Christ grâce au pain et au vin représentant ses corps, sang et divinité. Il est ici picoré par des
    colombes. Cet oiseau a la particularité d’incarner directement le Saint Esprit, c’est le symbole du
    bien par excellence.
    Le vitrail
    Si la technique du vitrail est attestée depuis le VIe siècle, elle connaît un véritable essor près de 700
    ans plus tard. C’est l’un des éléments décoratifs les plus éclatants, mais aussi les plus coûteux par
    les matériaux employés et les techniques utilisées.
    Bien plus récent, le vitrail ici présent a été réalisé à la toute fin du XIXe siècle et est signé Émile
    Richard. Si le Nancéien a œuvré à diverses reprises en Meurthe-et-Moselle, ainsi que dans les
    Vosges, il est tout à fait inhabituel de trouver l’une de ces réalisations dans le sud-ouest de la
    France. Qui plus est en sachant que la famille commanditaire est originaire de Saint-Sever (40).
    Le personnage représenté n’est autre que saint Pierre, crucifié en 64 de notre ère sur ordre de Néron.
    Saint Pierre apparaît toujours comme un homme âgé, aux cheveux et la barbe courts et bouclés, le
    cap dégarni, tenant le plus souvent une seule clé. Il est fréquemment couvert d’un manteau jaune
    d’or. Il arbore ici 2 clés, d’or et d’argent, qui ne sont autres que celles du paradis et de l’enfer. Selon
    une autre interprétation, elles symbolisent aussi les pouvoirs d’absoudre et d’excommunier. Le livre
    entre ses mains n’est autre que l’Evangile. Son regard porte vers le ciel dont l’espace est occupé par
    une structure architecturale. Cette dernière n’est pas sans rappeler une façade de temple avec ses
    colonnades et son entrée monumentale.
    Autour de lui, les éléments architecturaux et décoratifs font écho à ceux, de pierre, qui entourent ce
    vitrail : double colonnettes de part et d’autre, arc en plein cintre, pourtour en billettes et motifs
    végétaux.
    IV – Extérieur / Monachisme (cloître)
    Insertion carte postale des toitures de l’ensemble (Archives départementales des Landes,
    Fi5826)
    La réforme grégorienne évoquée en introduction dans l’entrée du porche, aboutit à une
    restructuration de l’Église, avec, pour aboutissement, la division des membres de l’Église en
    trois catégories distinctes :
    les clercs : évêques, prêtres et chanoines, notamment chargés de célébrer les offices ;
    les moines : abbé, frères et sœurs obéissant à une règle de vis précise ;
    les laïcs : noble, serf ou esclave, pauvre composant la vie civile.
    A compter de la construction (1050-1125), les bénédictins, des moines obéissant à la règle de
    saint Benoît1, occupent les lieux environ 100 ans. Les bâtiments claustraux sont structurés de
    manière stricte chez les bénédictins. Grâce à la carte postale ici présentée, il apparaît une
    modification particulière dans ce cas de figure, puisque le cloître ne s’étend pas sur 4 côtés
    bâtis, mais seulement 3. La différence tient au fait qu’il n’y a pas l’habituelle galerie de
    circulation accolée à l’église.
    Cet espace a été privilégié pour la vie en communauté, comme en atteste la présence de
    cheminées, ces lieux de vie étaient chauffés pour plus de confort A l’est au rez-de-chaussée,
    accessible par une porte proche du chœur, se trouvait probablement la sacristie. A proximité,
    la salle capitulaire, pour les assemblées quotidiennes des religieux. Dans le prolongement,
    vers l’ouest, pouvait se trouver une bibliothèque, voire un parloir.. Pour tirer le meilleur parti
    de la chaleur produite pour les salles inférieures, les cellules se trouvaient à l’étage.
    Dans les autres ailes se trouvaient généralement le réfectoire et la cuisine, mais aussi les
    divers espaces de stockage.
    Puis, en 1227, les prémontrés, des chanoines suivant la règle de saint Augustin 2, les
    remplacent et le monastère devient alors un lieu de retraite pour les membres de cet ordre. Ils
    tirent leur nom d’une commune de l’Aisne, où le fondateur de cet ordre, saint Norbert de
    Xanten, érigea une abbaye vers 1120.
    Ces membres ont la particularité de pratiquer une forte activité agricole, leurs bâtiments étant
    le plus souvent dénommés comme des « granges ». C’est ainsi qu’au fil des siècles ce lieu pris
    la dénomination de La Grange de Juliac, pour enfin donner son nom à la commune lors de la
    Révolution, Lagrange.
    A la Révolution, les trois derniers chanoines présents sont contraints de prêter serments à la
    Constitution, seul l’un d’eux se plie à l’exercice, ses acolytes sont emprisonnés ou exilés. En
    1790, le prieuré est saisi. Saint-Pierre de Juliac est vendu le 03 mai 1791, devenant ainsi
    propriété privée.
    Détruit en 1922, le cloître devient source de matériaux de construction en tous genres
    (poutres, pierres, etc). Une majorité de ces éléments est employée à la réalisation des routes à
    proximité.
    1 Cette règle rédigée par Benoît de Nursie en 530 promeut la prière, la lecture et le travail manuel, ce qui permet la
    recherche de Dieu grâce à l’éloignement du monde.
    2 Édictée par Augustin d’Hippone (354 – 430), un philosophe, elle est caractérisée par la formation intellectuelle des
    frères, mais aussi leur engagement envers les paroissiens.
    V – Extérieur artistique (chevet)
    Le chevet (terme désignant le chœur vu de l’extérieur) témoigne de lancrage de l’édifice au style de
    son temps, l’art roman, tant par son décor que par son architecture : billettes en damier, contreforts,
    représentations figurées, etc.
    Sous la toiture sont placés à intervalles réguliers 8 modillons au nord comme au sud. Ces avancées
    en pierre, sculptées, n’ont pas vocation à soutenir les éléments de la charpente. Ils servent
    uniquement à la décoration.
    S’ils sont très abîmés côté sud, on distingue tout de même des formes géométriques, animales
    ou humaines. Au nord, leur meilleur état de conservation permet une lecture plus aisée, il
    s’agit là de représentations des vices et vertus.
    Ces dernières sont fréquentes au Moyen Âge et ne sont pas nécessairement associées à leur
    opposé. Il est primordial de ne pas les confondre avec les 7 péchés capitaux modernes,
    qu’elles toutefois ont inspiré.
    Bien que ces oppositions morales soient développées depuis l’Antiquité, c’est le poème
    Psychomachie, soit Bataille de l’âme, rédigé autour de 400 par un avocat espagnol dénommé
    Prudence, qui sera la source d’inspiration de nombreuses images. Témoignage de cet
    engouement, une vingtaine de copies du manuscrit datées des IX e au XIIIe siècles nous sont
    parvenues et les représentations perdureront en littérature comme dans les arts jusqu’au XIV e
    siècle.
    Au nord, 5 modillons sont visibles, de l’est vers l’ouest :
    une représentation géométrique de 4 boules ;
    un canidé dévorant personnage humain dont on peut reconnaître le dos, probable symbole de
    cruauté ;
    un personnage masculin tirant sur sa barbe et tenant un bâton, représentation du voyeur ;
    un second personnage masculin, qui apparaît plus en chair que son voisin, semble gober son
    poing ou ce qu’il y tient, ce n’est autre que le glouton.
    un dernier canidé, surplombe la sacristie.
    Il est important de noter la facture très soignée de ces sculptures semblables celles
    positionnées à l’intérieur : finesse et longueur des doigts, drapé des vêtements et
    représentations animales plus imaginaires que réalistes.

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    Eglise de St-Pierre-de-Juliac
    I – Présentation générale (porche)
    Insertion carte postale entrée porche et cloître du livret
    L’église Saint-Pierre de Juliac et ses bâtiments claustraux sont construits entre 1050 et 1125 sur
    ordre du vicomte de Gabarret. L’ensemble est alors confié à l’ordre bénédictin de l’Abbaye de la
    Sauve Majeure en Gironde.
    Cette construction s’inscrit dans un contexte de renouveau religieux. Cette réforme s’amorce dans
    les années 870 par la fondation de nouveaux modèles monastiques. Le but est de contrer l’extorsion
    de dons, la vente de sacrements ou de charges (curé, évêque, etc.) voire les nominations directes par
    de puissants laïcs, jusqu’à la désignation par les papes de leur propre progéniture comme héritier.
    Cette revisite du fonctionnement religieux aboutit en 1073 à l’élection du pape Grégoire VII qui
    entérinera ces modifications par la « réforme grégorienne »
    En septembre 1227, Saint-Pierre de Juliac, ses annexes de Créon et Saint-Julien ainsi que les
    « casals», enclos cultivés de quelques ares comprenant l’habitation du paysan qui procurent
    ressources et revenus au monastère, passent des mains des bénédictins à celles des
    prémontrés et dépend désormais de l’abbaye de Saint-Jean de la Castelle à Duhort-Bachen
    (40).
    En 1355, contrairement aux édifices des communes voisines, l’église est épargnée par le
    Prince noir lors de son incursion. En prévention de troubles, le bâtiment avait été doté d’une
    tour porche, probablement une cinquantaine d’années auparavant.
    Le territoire se trouve compris dans le « croissant protestant », en témoigne le prêche de
    Calvin à Nérac en 1542. Une importante minorité religieuse se fait durablement jour dans
    toute la région.
    En 1569, des troupes protestantes pillent les bâtiments religieux, dont l’église de Saint-Pierre
    de Juliac.
    Selon le Verbal de Charles IX en 1572, lequel inventorie les dégâts des églises du diocèse
    d’Aire, l’église est « ruinée », comprendre que le bâti est largement abîmé ; quant aux biens,
    ils sont dits « pillés et emportés par des gens qui se disaient les uns huguenots et les autres
    catholiques, qu ne faisaient que piller qui plus pouvoit ».
    L’église reste à l’abandon pendant 3 ans avant d’être remise en état et à nouveau occupée par
    les prémontrés.
    Entre 1684 et 1699, la vicomtesse de Juliac finance d’importantes restaurations sur les
    bâtiments religieux, ce dont profite l’église Saint-Pierre et son cloître. C’est à cette période là
    qu’est construite l’entrée principale dans laquelle vous vous trouvez.
    Lors de la Révolution française, l’église et le cloître sont scindés en deux lots, chacun acquis
    par un propriétaire privé.
    L’église sera rapidement rachetée par la commune de Lagrange.
    Le 28 décembre 1837, le roi Louis-Philippe ordonne la création d’une école primaire
    publique, elle se situera dans l’appentis accolé à l’église, la mairie est placée à l’étage, au-
    dessus de l’entrée.
    Dans les années 1920, l’école et la mairie sont transférées en bordure de route en direction de
    Créon d’Armagnac.
    En 1922, le propriétaire du cloître décide de le démanteler. Bien que le conseil municipal se
    prononce, à l’unanimité contre ce projet, il n’y pourra rien changer, le bâtiment restant
    propriété privée. Les éléments sont alors revendus et la majorité servira à la construction des
    routes alentours.
    A compter de 1959, diverses campagnes de restauration seront menées sur toutes les parties de
    l’église,
    II – Description architecturale (porche)
    Construit dans les années 1300, ce clocher-porche comporte trois niveaux. Les deux étages, dont la
    superficie est identique au rez-de-chaussée, sont desservis par l’escalier en colimaçon placé côté
    sud, aujourd’hui impraticable.
    Au 1er, se trouve une pièce dont le niveau de plancher a été remanié a plusieurs reprises et descendu,
    notamment pour faciliter l’accès aux étages par la nef. Ce qui a entraîné la démolition de la croisée
    d’ogives ici présente.
    Au 2me étage, la salle aux 8 meurtrières permettait la défense du bâtiment et est aujourd’hui coiffée
    du clocher proprement dit.
    Celui-ci, repris au durant le XIXe siècle, abrite une cloche réalisée par un fondeur de Lleida
    (Espagne) en 189
    Signes lapidaires
    Les différents murs offrent de nombreux signes lapidaires, à l’intérieur comme à l’extérieur. Ce
    terme englobe tant les marques de tâcherons apposées par les ateliers ou ouvriers ayant taillé les
    blocs que les indications informant sur l’emplacement futur du bloc. Ces marques ne sont pas
    visibles sur chaque pierre en raison de leur positionnement sur des faces cachées. Leur étude permet
    de suivre les déplacements des ateliers, ce qui a révélé, dans le cas présent, un cheminement des
    artisans parallèle à la route de Saint-Jacques-de-Compostelle depuis le sud-ouest de la France
    jusqu’en Espagne.
    Cette connaissance n’est rendue possible qu’en raison de l’absence d’enduits. Ceux-ci, très
    endommagés, ont été ôtés durant la deuxième moitié du XXe siècle. Force est de constater
    l’évolution de ces signes parallèlement à l’avancée de la construction de l’église. Si les premières
    occurrences, dans le choeur, sont majoritairement des symboles issus de l’alphabet, elles se
    diversifient dans les siècles suivants, pour devenir des formes géométriques ou s’apparenter aux
    chiffres romains.
    La voûte d’ogives et l’arc en plein cintre
    La voûte d’ogives apparaît en Europe dès le XIe siècle, tant en Lombardie qu’en Angleterre, mais ne
    prend sa forme la plus répandue avec nervures apparentes qu’un siècle plus tard, pour devenir
    l’apanage de l’art dit gothique.
    La complexité de la mise en œuvre et la maîtrise technique requise pour ce type de maçonnerie font
    de la voûte d’ogives l’un des éléments architecturaux les plus onéreux à réaliser. Ce qui montre bien
    la volonté du commanditaire à montrer l’étendue de ses ressources financières.
    Cette voûte repose sur des chapiteaux ébauchant des visages non identifiables, féminin et masculin.
    Il est plausible qu’il s’agisse là de la représentation des commanditaires des travaux.
    Un arc en plein cintre, typiquement roman par sa forme et son décor de billettes qui émaillent la
    totalité du bâtiment, ouvre sur la nef. Cet arc repose sur deux chapiteaux très abîmés.
    Se distinguent toutefois des représentations animalières :
    à droite, les longues pattes s’accrochant à l’ourlet permettent de voir des oiseaux ;
    à gauche, les flancs et les gueules les moins érodés montrent clairement des lions, animal
    omniprésent dans l’art roman.
    III- Description architecturale et artistique (nef)
    La nef
    La nef, espace central dans lequel se retrouvent aujourd’hui les fidèles, est un modeste vaisseau
    unique qui, bien qu’abîmé, porte encore toutes les traces permettant de déduire sa structure
    originelle, du sol vers l’élévation.
    Les portes présentent à l’intérieur de l’édifice sont anormalement basses en raison d’une rehausse
    du sol de 60 à 80 cm. Le manque de planéité des carreaux attestent d’un soubassement meuble, ce
    qui est corroboré par un événement du XXe s. Lors d’un office religieux, le sol s’est affaissé sous les
    pieds d’un banc, permettant d’observer le remblai. Un médecin présent dans l’assemblée témoigna
    d’une composition très particulière, puisque le sol comprendrait une quantité importante
    d’ossements humains. Il s’agit vraisemblablement des restes issus de l’ancien cimetière de
    Lagrange. Abandonnée au cours du XIXe, la parcelle aurait dû connaître une période de gel de
    100 ans, ce qui n’est pas le cas. Ce faisant, malgré l’absence d’archives, la déduction nous amène à
    penser que les restes des dépouilles ont été apportés, pour assurer leur protection, au sein même de
    l’église, en son sol.
    La charpente, dans son état ancien, nous est inconnue. Remanié à plusieurs époques, le tout a été
    repris lors d’une campagne de restauration du XXe siècle par un lambris appliqué directement sur la
    pente de la toiture. D’après les sources, il a remplacé un plafond suspendu peint, lequel cachait la
    charpente, sans que nous n’en connaissions le décor.
    De part et d’autres de l’arc ouvrant sur le chœur, il apparaît à l’œil nu que les murs nord et sud ne
    sont pas à la même distance de l’arc ouvrant sur le chœur. Certaines sources indiquent qu’à
    l’occasion d’une campagne de restauration conduite entre 1685 et 1699 par la Vicomtesse de Juliac,
    la cloison septentrionale aurait été repoussée de près de 80 cm. Ce qui aurait permis dans le même
    temps d’ouvrir les ouvertures actuellement visibles.
    Les éléments de décor
    Il est établi, de mémoire commune, que les murs de cette nef étaient enduits voire peints.
    Un élément particulier est encastré dans le mur sud, près du chœur, une sorte de réceptacle dans
    lequel pouvait être placé un bac et surmonté d’un décor en demi-cercle orné de deux sculptures
    coquillées. Les croix gravées de part et d’autre, ainsi que sur la partie supérieure, sont récentes. Il
    s’agit très probablement d’un lavatorium, ou lavabo, permettant aux religieux de procéder aux
    ablutions avant de participer aux offices. Habituellement placé contre ce mur, mais côté extérieur
    dans la galerie de cloître, son déplacement est dû à la scission de l’ensemble des bâtiments lors de la
    Révolution.
    Enfin, un arc en plein cintre ouvre sur le chœur. Il fait directement écho à celui de l’entrée, ici
    encore apparaît ce décor roman géométrique soutenu par deux chapiteaux évoqués sur le prochain
    panneau.
    III – Description architecturale et artistique (chœur)
    Les chapiteaux supportant l’arc
    L’arc en plein cintre marque la division de l’espace entre nef et chœur. Il est supporté par deux
    colonnes engagées, sur chacune est positionné un chapiteau dont la réalisation serait antérieure à
    1130.
    Le premier, simple, reprend le style antique corinthien : un décor de feuilles d’acanthe sur deux
    rangées. La représentation de l’acanthe, plus ou moins réaliste, est la plus répandue, toutes époques
    confondues, grâce à sa diffusion par l’Empire romain.
    Au-dessus, à chaque angle, sont sculptées deux têtes des lions, de leur gueule s’échappent les
    rinceaux qui courent sur toute la longueur. Quelques fruits, des raisins, sont intégrés dans ce décor.
    Le second représente une scène de dévoration en deux parties, surmontée de la même frise. Au
    centre, un personnage masculin, un noble d’après ses vêtements composés d’une tunique bleue et
    d’un ceinturon, dirige notre regard vers deux sacrifiés, un homme et un bélier, dévorés par une
    créature s’apparentant au loup.
    Ce dernier est connu au Moyen Âge pour sa gloutonnerie, sa férocité et est souvent utilisé pour
    représenter la ruse et la cruauté.
    La scène se poursuit sur chaque extrémité latérale :
    côté nef, un personnage masculin menace à l’aide d’un bâton qu’il est sur le point d’abattre sur le
    monstre ou l’homme ;
    côté chœur, un âne se dresse sur ses pattes arrières en direction de la scène de dévoration.
    D’autre part, le bélier, à titre d’ovin, symbolise le fidèle chrétien.
    Cette illustration offre, sur un même thème, une mise en garde à deux temps
    côté nef, à l’encontre de tout homme chrétien, simple fidèle, sur les affres réservées aux pécheurs,
    s’il ne se laisse pas guider dans le droit chemin.
    côté chœur, la réprimande s’adresse au guide qui est seul responsable du salut des âmes de ses
    fidèles. Si nous connaissons tous le fameux bonnet d’âne réservé au mauvais élève, cette
    symbolique était autrefois réservée à l’enseignant incapable d’éduquer un disciple.
    Le décor architecturé
    L’organisation du chœur est simple. Un rectangle au centre duquel se trouve l’autel. Les murs nord
    et sud sont ornés d’arcades. Il est très probable que ces cadres architecturaux aient servis d’écrins à
    des représentations picturales aujourd’hui disparues.
    Une voûte en berceau surplombe le tout, simplement décorée.
    Les chapiteaux du chœur
    De part et d’autre du vitrail, se trouvent deux colonnettes adossées dont la finesse et le soin apportés
    à l’exécution des décors sont remarquables malgré leur état de conservation. Elles contrastent
    d’autant plus avec la simplicité des supports de l’entrée du chœur.
    Les bases des colonnes tout autant que l’ourlet au bas du chapiteau présentent des décors de billettes
    et cordelettes. Les frises surplombant la représentation principale offrent chacune rinceaux
    paraissant se détacher du fond grâce à la technique particulière du trépan.
    Les thèmes abordés à travers ces décors comptent parmi les plus classiques de la sculpture
    chrétienne.
    Les lions sont présents sur deux des chapiteaux. Au Moyen Âge, ils sont symboles de force et de
    résurrection. D’après une croyance commune, les petits demeuraient sans vie pendant leurs trois
    premiers jours jusqu’à ce que leur père leur souffle sur le museau.
    Le raisin n’est autre que le symbole de l’eucharistie, sacrement par lequel les fidèles communient
    avec le Christ grâce au pain et au vin représentant ses corps, sang et divinité. Il est ici picoré par des
    colombes. Cet oiseau a la particularité d’incarner directement le Saint Esprit, c’est le symbole du
    bien par excellence.
    Le vitrail
    Si la technique du vitrail est attestée depuis le VIe siècle, elle connaît un véritable essor près de 700
    ans plus tard. C’est l’un des éléments décoratifs les plus éclatants, mais aussi les plus coûteux par
    les matériaux employés et les techniques utilisées.
    Bien plus récent, le vitrail ici présent a été réalisé à la toute fin du XIXe siècle et est signé Émile
    Richard. Si le Nancéien a œuvré à diverses reprises en Meurthe-et-Moselle, ainsi que dans les
    Vosges, il est tout à fait inhabituel de trouver l’une de ces réalisations dans le sud-ouest de la
    France. Qui plus est en sachant que la famille commanditaire est originaire de Saint-Sever (40).
    Le personnage représenté n’est autre que saint Pierre, crucifié en 64 de notre ère sur ordre de Néron.
    Saint Pierre apparaît toujours comme un homme âgé, aux cheveux et la barbe courts et bouclés, le
    cap dégarni, tenant le plus souvent une seule clé. Il est fréquemment couvert d’un manteau jaune
    d’or. Il arbore ici 2 clés, d’or et d’argent, qui ne sont autres que celles du paradis et de l’enfer. Selon
    une autre interprétation, elles symbolisent aussi les pouvoirs d’absoudre et d’excommunier. Le livre
    entre ses mains n’est autre que l’Evangile. Son regard porte vers le ciel dont l’espace est occupé par
    une structure architecturale. Cette dernière n’est pas sans rappeler une façade de temple avec ses
    colonnades et son entrée monumentale.
    Autour de lui, les éléments architecturaux et décoratifs font écho à ceux, de pierre, qui entourent ce
    vitrail : double colonnettes de part et d’autre, arc en plein cintre, pourtour en billettes et motifs
    végétaux.
    IV – Extérieur / Monachisme (cloître)
    Insertion carte postale des toitures de l’ensemble (Archives départementales des Landes,
    Fi5826)
    La réforme grégorienne évoquée en introduction dans l’entrée du porche, aboutit à une
    restructuration de l’Église, avec, pour aboutissement, la division des membres de l’Église en
    trois catégories distinctes :
    les clercs : évêques, prêtres et chanoines, notamment chargés de célébrer les offices ;
    les moines : abbé, frères et sœurs obéissant à une règle de vis précise ;
    les laïcs : noble, serf ou esclave, pauvre composant la vie civile.
    A compter de la construction (1050-1125), les bénédictins, des moines obéissant à la règle de
    saint Benoît1, occupent les lieux environ 100 ans. Les bâtiments claustraux sont structurés de
    manière stricte chez les bénédictins. Grâce à la carte postale ici présentée, il apparaît une
    modification particulière dans ce cas de figure, puisque le cloître ne s’étend pas sur 4 côtés
    bâtis, mais seulement 3. La différence tient au fait qu’il n’y a pas l’habituelle galerie de
    circulation accolée à l’église.
    Cet espace a été privilégié pour la vie en communauté, comme en atteste la présence de
    cheminées, ces lieux de vie étaient chauffés pour plus de confort A l’est au rez-de-chaussée,
    accessible par une porte proche du chœur, se trouvait probablement la sacristie. A proximité,
    la salle capitulaire, pour les assemblées quotidiennes des religieux. Dans le prolongement,
    vers l’ouest, pouvait se trouver une bibliothèque, voire un parloir.. Pour tirer le meilleur parti
    de la chaleur produite pour les salles inférieures, les cellules se trouvaient à l’étage.
    Dans les autres ailes se trouvaient généralement le réfectoire et la cuisine, mais aussi les
    divers espaces de stockage.
    Puis, en 1227, les prémontrés, des chanoines suivant la règle de saint Augustin 2, les
    remplacent et le monastère devient alors un lieu de retraite pour les membres de cet ordre. Ils
    tirent leur nom d’une commune de l’Aisne, où le fondateur de cet ordre, saint Norbert de
    Xanten, érigea une abbaye vers 1120.
    Ces membres ont la particularité de pratiquer une forte activité agricole, leurs bâtiments étant
    le plus souvent dénommés comme des « granges ». C’est ainsi qu’au fil des siècles ce lieu pris
    la dénomination de La Grange de Juliac, pour enfin donner son nom à la commune lors de la
    Révolution, Lagrange.
    A la Révolution, les trois derniers chanoines présents sont contraints de prêter serments à la
    Constitution, seul l’un d’eux se plie à l’exercice, ses acolytes sont emprisonnés ou exilés. En
    1790, le prieuré est saisi. Saint-Pierre de Juliac est vendu le 03 mai 1791, devenant ainsi
    propriété privée.
    Détruit en 1922, le cloître devient source de matériaux de construction en tous genres
    (poutres, pierres, etc). Une majorité de ces éléments est employée à la réalisation des routes à
    proximité.
    1 Cette règle rédigée par Benoît de Nursie en 530 promeut la prière, la lecture et le travail manuel, ce qui permet la
    recherche de Dieu grâce à l’éloignement du monde.
    2 Édictée par Augustin d’Hippone (354 – 430), un philosophe, elle est caractérisée par la formation intellectuelle des
    frères, mais aussi leur engagement envers les paroissiens.
    V – Extérieur artistique (chevet)
    Le chevet (terme désignant le chœur vu de l’extérieur) témoigne de lancrage de l’édifice au style de
    son temps, l’art roman, tant par son décor que par son architecture : billettes en damier, contreforts,
    représentations figurées, etc.
    Sous la toiture sont placés à intervalles réguliers 8 modillons au nord comme au sud. Ces avancées
    en pierre, sculptées, n’ont pas vocation à soutenir les éléments de la charpente. Ils servent
    uniquement à la décoration.
    S’ils sont très abîmés côté sud, on distingue tout de même des formes géométriques, animales
    ou humaines. Au nord, leur meilleur état de conservation permet une lecture plus aisée, il
    s’agit là de représentations des vices et vertus.
    Ces dernières sont fréquentes au Moyen Âge et ne sont pas nécessairement associées à leur
    opposé. Il est primordial de ne pas les confondre avec les 7 péchés capitaux modernes,
    qu’elles toutefois ont inspiré.
    Bien que ces oppositions morales soient développées depuis l’Antiquité, c’est le poème
    Psychomachie, soit Bataille de l’âme, rédigé autour de 400 par un avocat espagnol dénommé
    Prudence, qui sera la source d’inspiration de nombreuses images. Témoignage de cet
    engouement, une vingtaine de copies du manuscrit datées des IX e au XIIIe siècles nous sont
    parvenues et les représentations perdureront en littérature comme dans les arts jusqu’au XIV e
    siècle.
    Au nord, 5 modillons sont visibles, de l’est vers l’ouest :
    une représentation géométrique de 4 boules ;
    un canidé dévorant personnage humain dont on peut reconnaître le dos, probable symbole de
    cruauté ;
    un personnage masculin tirant sur sa barbe et tenant un bâton, représentation du voyeur ;
    un second personnage masculin, qui apparaît plus en chair que son voisin, semble gober son
    poing ou ce qu’il y tient, ce n’est autre que le glouton.
    un dernier canidé, surplombe la sacristie.
    Il est important de noter la facture très soignée de ces sculptures semblables celles
    positionnées à l’intérieur : finesse et longueur des doigts, drapé des vêtements et
    représentations animales plus imaginaires que réalistes.

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